Le quartier de Podgórze

Publié le par Jérôme

De l'autre côté de la Vistule, Podgórze n'est pas l'un des quartiers les plus visités de Cracovie.
On y trouve pourtant un parc avec un joli panorama sur toute la ville et aussi le tertre de Krak (Kopiec Kraka) s'élevant à 16 mètres, qui est, selon la légende, la tombe du Roi Krak, fondateur de Cracovie.


Mais de ce quartier populaire, on retient surtout qu'il a un passé récent lourd et tragique. En effet, c'est dans Podgórze que les nazis regroupèrent les juifs de la ville dans un ghetto seulement composé de 300 immeubles environ. De mars 1941 à 1943, près de 17000 juifs seront ainsi emprisonnés, la plupart étant ensuite déportés vers les camps de la mort.

Si vous venez de Kazimierz par le pont Powstańców Śląskich, vous arriverez sur la Place des Héros du Ghetto (Plac Bohaterów Getta), où vous pourrez voir des alignements de chaises métalliques, œuvre à la mémoire des victimes du ghetto, mais dont j'ai quand même du mal à saisir la symbolique...


A l'angle de la rue Targowa se trouve l'ancienne pharmacie sous l'Aigle, "Apteka Pod Orlem". Le bâtiment abrite aujourd'hui le musée de la Mémoire Nationale retraçant la vie du ghetto. A partir de 1941, Dr Tadeusz Pankiewicz est le seul polonais non juif autorisé à demeurer et travailler dans le ghetto (suite au début d'une épidémie de typhus). 

Depuis sa pharmacie, Dr Pankiewicz et ses 3 assistantes apportèrent leur soutien aux juifs du ghetto au péril de leur vie. Ils permirent le passage dans le ghetto de messages, de médicaments non autorisés, divers produits indispensables (comme des teintures à cheveux permettant aux plus anciens de se rajeunir pour échapper un peu plus longtemps à la déportation) ou encore de faux certificats de travail. En 1983, le Dr Pankiewicz fut décoré de l'Ordre des Justes parmi les Nations.

Si vous empruntez la rue Lwowska un peu plus loin, vous pourrez voir le dernier fragment du mur du ghetto, de 3 mètres de haut et dont la forme rappelle les stèles funéraires juives. Sinistre...


Avant d'aller plus loin, sachez aussi que non loin de là se situe l'usine Emalia, gérée pendant la seconde guerre mondiale par Oskar Schindler. Mais je reparlerai à une autre occasion de l'histoire ambiguë de cet Homme, mise à l'écran par Steven Spielberg en 1993.

Sur le Rynek Podgorski, les pigeons sont rois, malheureusement...


A l'extrémité de la place se trouve l'Eglise Saint Joseph. Erigée au début du 20ème siècle, cette église de briques rouges au style néogothique présente un clocher de 74 mètres inspiré de l'Hejnalica de l'Eglise Mariacki.



Un intérieur simple...


Mais dans une chapelle du transept gauche, on peut retrouver une reproduction de la Madone Noire de Czestochowa.

A l'extérieur, contournez l'église et vous pourrez voir les vestiges d'anciennes fortifications.


Pour retournez « en ville », vous pouvez retraverser la Vistule par le pont Pilsudski, pont à structure métallique de 1933, simple mais le plus beau de Cracovie.


Mais avant, un petit arrêt au
Jazz Club Drukarnia s'impose...

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Publié dans Cracovie - quartiers

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A
Coucou, je cherchais justement une photo des chaises en l'honneur des victimes du ghetto et j'ai vu que tu "avais du mal à saisir la symbolique". Ces chaises vide symbolise en fait les absents,<br /> ceux qui aurait du être là mais n'y sont plus. Je prends d'ailleurs souvent cet exemple pour expliquer qu'une oeuvre pour être considéré comme tel ne doit pas posséder uniquement une portée<br /> symbolique elle doit pouvoir donner lieu à la pluralité des interprétations et laisser le spectateur libre d'avoir le ressenti qu'il veut.<br /> En tout cas merci pour la photo, ton site est très sympa.<br /> Bonne continuation!
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B
<br /> Cher ami,<br /> vous ignorez donc l'expression : politique de la chaise vide? Ou sa chaise resta vide...? pour signifier l'ABSENCE irréductible, voulue ou non, d'une personne?<br /> Voilà: les Juifs assassinés sont définitivement Absents....de la culture et de la vie polonaises...<br /> Je vous rappelle que le Décalogue n'interdit pas de TUER mais D'ASSASSINER....Avis aux linguistes,exégètes et moralistes...<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Effectivement, on peut l'interpréter ainsi.<br /> <br /> <br />